Avis
Il n’existe pas de réponse universelle au moment idéal pour demander ses rentes ; cette décision dépend de multiples facteurs qui vous sont propres (état de santé, état matrimonial, fiscalité globale, admissibilité au Supplément de revenu garanti, etc.). Cet article ne sert qu’à expliquer les effets lorsqu’on retarde ou devance ses rentes.
Décider à quel moment demander vos rentes gouvernementales est l’une des décisions les plus importantes de votre planification de retraite. Face à ce choix, il est normal de se sentir hésitant : vaut-il mieux prendre l’argent dès que possible, ou faire preuve de patience pour obtenir un chèque plus généreux ?
Le tableau ci-bas illustre la mécanique de base : l’âge de 65 ans est considéré comme la ligne de départ « normale » (100 %). Tout ce qui se passe avant ou après modifie vos versements de façon permanente pour le reste de votre vie.
Voici comment analyser ces options.
Devancer la RRQ (entre 60 et 64 ans) : L’accès anticipé
Le gouvernement du Québec vous permet de demander votre Régime de rentes du Québec (RRQ) dès l’âge de 60 ans. Cependant, cet accès anticipé a un prix.
L’effet : Votre rente subit une pénalité de réduction pour chaque mois qui vous sépare de votre 65e anniversaire. Si vous la prenez à 60 ans, cette réduction maximale ampute votre chèque de 36 %.
La logique : Vous recevrez des versements mensuels plus petits, mais vous les recevrez pendant plus longtemps.
Cette option est souvent envisagée pour :
– Les personnes qui doivent obligatoirement cesser de travailler (pour des raisons de santé ou de réorganisation).
– Ceux qui ont une espérance de vie réduite.
– Les retraités qui n’ont pas suffisamment d’épargne personnelle (REER, CELI) pour assurer leur coût de vie dans les premières années de leur retraite.
(Note : La Pension de la Sécurité de la vieillesse (PSV) fédérale ne peut pas être devancée avant 65 ans).
Retarder la RRQ (jusqu’à 72 ans) et la PSV (jusqu’à 70 ans) : La prime à la patience
Si vous avez la capacité financière d’attendre au-delà de 65 ans, les deux paliers de gouvernement vous récompensent généreusement.
L’effet : Votre rente est bonifiée pour chaque mois de report. À 70 ans, la PSV est augmentée de 36 %, et à 72 ans, la RRQ bondit de près de 59 % par rapport au montant de base.
La logique : Ces bonifications agissent comme une véritable assurance contre le risque de vivre très vieux. Non seulement le montant de base devient beaucoup plus élevé, mais comme ces rentes sont indexées à l’inflation chaque année, la protection de votre pouvoir d’achat s’en trouve décuplée.
Cette option est souvent envisagée pour :
– Les personnes en excellente santé avec un historique familial de longévité.
– Ceux qui continuent de travailler partiellement ou totalement après 65 ans.
– Les retraités qui préfèrent décaisser leurs REER en premier (créant un « pont » financier) pour laisser leurs rentes gouvernementales grossir à l’abri des soubresauts des marchés boursiers.
Avis de non-responsabilité
Le contenu de cet article, ainsi que les services de coaching offerts par Pilotez vos finances, sont fournis à des fins strictement éducatives et pédagogiques. Il n’existe pas de réponse universelle au moment idéal pour demander ses rentes ; cette décision dépend de multiples facteurs qui vous sont propres (état de santé, état matrimonial, fiscalité globale, admissibilité au Supplément de revenu garanti, etc.).
Pilotez vos finances vous aide à comprendre les mécanismes financiers pour que vous puissiez reprendre le contrôle de votre argent. Toutefois, l’élaboration d’un plan de décaissement chiffré et personnalisé, ainsi que la formulation de recommandations financières spécifiques, relèvent de l’exercice exclusif de la planification financière. Pour ces besoins, nous vous invitons fortement à consulter un planificateur financier (Pl. Fin.) dûment certifié par l’Institut québécois de planification financière (IQPF) et encadré par l’Autorité des marchés financiers (AMF).